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querelles des théologiens, a pu orner son ouvrage de ce prodige remarquable et éclatant[1].

Partialité de Julien.

Le rétablissement du temple juif avait une liai-

    dû se remplir d’air inflammable (*) : les ouvriers employés par Julien arrivèrent en creusant dans les souterrains du temple : ont dut prendre des torches pour les visiter ; des flammes subites repoussèrent ceux qui approchaient, des détonations se firent entendre, et le phénomène se renouvela chaque fois que l’on pénétra dans de nouvelles cavités. Cette explication est confirmée par le récit que fait Josèphe d’un événement à peu près semblable. Le roi Hérode avait entendu dire que d’immenses trésors avaient été cachés dans le tombeau de David ; il y descendit de nuit avec quelques hommes de confiance : il ne trouva dans un premier souterrain que des joyaux et des habits ; mais ayant voulu pénétrer dans un second souterrain fermé depuis long-temps, il fut repoussé, dès qu’il l’ouvrit, par des flammes qui tuèrent deux de ceux qui raccompagnaient. (Antiq. jud., XVI, 7, I.) Comme il n’y avait pas ici lieu à miracle, on peut regarder ce fait même comme une nouvelle preuve de la vérité de celui que rapportent Ammien et les écrivains contemporains. (Note de l’Éditeur.)
    (*) C’est un fait devenu aujourd’hui populaire, que lorsqu’on ouvre des souterrains fermés depuis long-temps, il arrive de deux choses l’une ; ou les flambeaux s’éteignent et les hommes tombent d’abord évanouis et bientôt morts ; ou, si l’air est inflammable, on voit voltiger autour de la lampe une petite flamme, qui s’étend et se multiplie jusqu’à ce que l’incendie devienne général, soit suivi d’une détonation, et tue ceux qui se trouvent là.

  1. Le docteur Lardner est peut-être le seul de tous les critiques chrétiens qui ose douter de la vérité de ce célèbre miracle. (Jewish and Heathen testimonies, vol. IV, p. 47-71). Le silence de saint Jérôme ferait soupçonner que la même histoire célébrée au loin, était méprisée sur les lieux.