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les sacrifices, qu’il est possible que son émulation ait été excitée par la piété de Salomon, qui, lors de la dédicace du temple, immola vingt-deux mille bœufs et cent vingt mille moutons[1]. Ces considérations purent influer sur ses desseins ; mais la perspective d’un avantage important et immédiat ne permit pas à l’impatient monarque d’attendre l’événement éloigné et incertain de la guerre de Perse. Il résolut d’élever sans délai, sur la colline de Moriah, qui surpassait les autres en hauteur, un temple magnifique qui éclipsât la splendeur de l’église de la Résurrection, placée près de là sur le Calvaire ; de créer un ordre de prêtres qui fussent intéressés à dévoiler l’artifice et à arrêter l’ambition des chrétiens leurs rivaux, et d’y établir une nombreuse colonie de Juifs dont le fanatisme opiniâtre serait toujours prêt à seconder et même à prévenir les mesures hostiles du gouvernement païen. Parmi les amis de l’empereur, si toutefois les noms d’empereur et d’ami peuvent aller ensemble, la première place était

    encore plus de vénération. Il condamne doublement les chrétiens pour avoir cru et pour avoir renoncé à la religion des Juifs. Il croit que leur Dieu est un Dieu véritable, mais non pas le seul. (Apud saint Cyrille, l. IX, p. 305-306.)

  1. Premier livre des Rois, VIII, 63 ; second des Chroniques, VII, 5 ; Joseph., Antiq. judaïq., l. VIII, c. 4, p. 431, éd. d’Havercamp. Comme le sang et la fumée de tant d’hécatombes devait être incommode, Lightfoot, rabbin chrétien, les fait disparaître au moyen d’un miracle. Le Clerc (ad loc.) ose douter de la fidélité des nombres.