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les moyens que le disciple de Platon avait employés pour amasser pendant la courte durée de sa faveur une fortune si scandaleuse. Dans le nombre des autres philosophes ou sophistes que le caprice du prince ou les succès de Maxime avaient attirés dans la résidence impériale, peu parvinrent à conserver leur innocence et leur réputation[1]. L’argent, les terres et les maisons qu’on leur prodiguait ne satisfirent pas leur avarice ; le souvenir de leur pauvreté et de leurs protestations de désintéressement excitait avec justice l’indignation du peuple. Il n’est pas possible qu’ils soient parvenus à tromper toujours la pénétration de Julien ; mais il se refusait à mépriser, pour leur caractère, des hommes dont il estimait les talens ; les abandonner d’ailleurs c’était s’exposer au double reproche d’imprudence et de légèreté, et dégrader aux yeux des profanes la gloire des lettres et de la religion[2].

  1. Chrysanthe, qui n’avait pas voulu quitter la Lydie, fut nommé grand-prêtre de cette province. L’usage circonspect et modéré qu’il fit de son pouvoir assura sa tranquillité après la révolution, et il vécut en paix, tandis que les ministres chrétiens persécutèrent Maxime, Priscus, etc. Brucker a recueilli les aventures de ces sophistes fanatiques, t. II, p. 281-293.
  2. Voy. Libanius, orat. parent., c. 101, 102, p. 324, 325, 326 ; et Eunape, vit. sophis. in Proæresio, p. 126. Quelques étudians qui avaient conçu des espérances peut-être mal fondées ou extravagantes, furent éloignés par des dégoûts. (Saint Grégoire de Nazianze, orat. 4, p. 120.) Il est étrange que nous ne trouvions rien à opposer au titre d’un