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zianze[1], accable aujourd’hui l’Apostat qui ne put accomplir ses desseins. Le règne très-court de ce monarque actif, offre une foule d’événemens de nature à inspirer un grand intérêt et à mériter un détail circonstancié. Ses motifs, ses conseils et ses actions, surtout dans leurs rapports avec l’histoire de la religion, seront le sujet de ce chapitre.

Son éducation et son apostasie.

On peut attribuer la cause de son étrange et funeste apostasie à ses premières années, durant lesquelles il fut abandonné aux assassins de sa famille. Les noms de Christ et de Constance, de religion et d’esclavage, s’associèrent alors dans son imagination, susceptible des impressions les plus vives. On confia le soin de son enfance à Eusèbe, évêque de Nicomédie[2], et son parent du côté de sa mère ; jusqu’à

    bizarre.) Il finit en assurant positivement qu’il a élevé un monument aussi durable et plus portatif que les colonnes d’Hercule. Voyez saint Grégoire de Nazianze, orat. 3, p. 50 ; 4, p. 134.

  1. Voyez cette longue invective, qu’on a mal à propos divisée en deux discours dans les ouvrages de saint Grégoire de Nazianze, t. I, p. 49-134 ; Paris, 1630. Elle fut publiée par saint Grégoire et par saint Basile, son ami (IV, p. 133), environ six mois après la mort de Julien, lorsque ses restes venaient d’être portés à Tarse (IV, p. 120). Mais Jovien était encore sur le trône (III, p. 54 ; IV, p. 117). J’ai profité d’une version française, publiée à Lyon en 1785, avec des remarques.
  2. Nicomediæ ab Eusebio educatus episcopo, quem genere longiùs contingebat (Ammien, XXII, 9). Julien ne montre nulle part aucune reconnaissance pour ce prélat