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naires fussent terminées[1]. Aux jours de fêtes solennelles, Julien, qui peu soumis à la mode du moment, ne cherchait point à cacher sa répugnance pour ces frivoles passe-temps, avait la complaisance de paraître dans le cirque. Mais après avoir jeté quelques regards d’indifférence sur cinq ou six courses, il se retirait précipitamment avec l’impatience d’un philosophe qui regardait comme perdus tous les momens qu’il n’employait pas au bien public ou à la culture de son esprit[2]. Par cette sévère économie de temps, il allongea en quelque façon la courte durée de son règne ; et si les dates étaient moins certaines, nous ne pourrions pas croire qu’il ne s’est passé que seize mois entre la mort de Constance et le départ de son successeur pour la guerre de Perse. L’his-

  1. Voyez Saumaise sur Suétone, in Claud., c. 21. On ajouta une vingt-cinquième course ou missus, pour compléter le nombre de cent chariots. Chaque course était composée de quatre chariots de différentes couleurs.

    Centum quadrijugos agitabo ad flumina currus.

    Il paraît qu’ils tournaient cinq ou sept fois autour de la borne ou meta. Suéton., in Domitian., c. 4. Et d’après la mesure du circus maximus de Rome et de l’Hippodrome de Constantinople, la course devait être environ de quatre milles.

  2. Julien, in Misopogon, p. 340. Jules César avait offensé les Romains en lisant des dépêches au moment de la course. Auguste se conforma à leur goût, on suivit le sien, en prêtant toujours la plus grande attention aux jeux importans du cirque, auxquels il assurait prendre le plus grand plaisir. (Suéton., in August., c. 45.)