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lieu de donner foi à une loi imaginaire, qui, si elle eût existé, se placerait avec orgueil en tête des codes impériaux, nous pouvons nous en rapporter à la lettre originale de Constantin, que cet empereur adressait aux sectateurs de l’ancienne religion dans un temps où il ne déguisait plus sa conversion, et où son trône était affermi par la chute de tous ses rivaux. [Par Constantin.]Il invite et exhorte dans les termes les plus pressans tous les sujets de l’Empire romain à imiter l’exemple de leur souverain ; mais il déclare que ceux dont l’aveuglement résistera à la lumière céleste jouiront en paix de leurs temples et du culte de leurs dieux imaginaires. La suppression totale des cérémonies du paganisme est formellement démentie par l’empereur lui-même, qui motive sagement sa modération sur ce qu’il croit devoir accorder à l’empire invincible de l’habitude, des préjugés et de la superstition[1]. Sans violer sa promesse, sans alarmer

    défendit dans les villes et dans les campagnes les pratiques abominables de l’idolâtrie, τα μυσαρα… της ειδωλολατρειας. Socrate (l. I, c. 17) et Sozomène (l. II, c. 4, 5) ont représenté la conduite de Constantin avec la vérité qui convient à l’histoire ; mais elle a été fort négligée par Théodoret, l. V, c. 21, et par Orose, VII, 28. Tum deinde, dit le dernier, primus Constantinus, justo ordine et pio vicem vertit edicto ; siquidem statuit citra ullam hominum cædem, paganorum templa claudi.

  1. Voy. Eusèbe, in vit. Constant., l. II, c. 56-60. Dans le sermon que l’empereur prononça devant l’assemblée des saints, lorsque sa dévotion fut confirmée par les années, il déclare aux idolâtres (c. 11) qu’il leur permet d’offrir