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de Liberius ne s’en tint pas à des paroles. La dangereuse et sanglante sédition qui éclata peu de temps après le départ de Constance, détermina ce prince à recevoir favorablement la soumission du prélat, et à lui rendre sans partage le gouvernement de la capitale. Après une résistance faible et inutile, le rival de Liberius fut expulsé de la ville avec le consentement de l’empereur et par la force du parti opposé. Les partisans de Félix furent inhumainement égorgés dans les rues, dans les places publiques, dans les bains, dans les églises même ; et Rome, au retour d’un évêque chrétien, présenta de nouveau l’horrible spectacle des massacres de Marius et des proscriptions de Sylla[1].

Constantinople.

II. Quoique les chrétiens se fussent rapidement multipliés sous le gouvernement de la race flavienne, Rome, Alexandrie et les autres grandes villes de l’empire contenaient encore une nombreuse et puissante faction d’infidèles, qui enviaient la prospérité de l’Église chrétienne, et se moquaient publiquement sur leurs théâtres des questions théologiques. Constantinople jouissait seule de l’avantage d’être née dans le sein de l’Église, et de n’avoir jamais été souillée par le culte des idoles ; tous ses habitans

  1. Voyez, pour la révolution ecclésiastique de Rome, Ammien, XV, 7 ; saint Athanase, t. I, p. 843-861 ; Sozomène, l. IV, c. 15 ; Théodoret, l. II, c. 17 ; Sulpice-Sévère, Hist. sacra., l. II, p. 413 ; saint Jérôme, Chronique ; Marcellin et Faustin, Libell., p. 3, 4 ; Tillemont, Mém. ecclés., t. VI, p. 336.