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gnaient hautement de ce qu’on avait violé les droits d’élection, et de ce qu’on les obligeait d’obéir à des usurpateurs mercenaires, dont la personne leur était inconnue et les principes suspects. [Divisions.]Les catholiques avaient deux moyens de prouver qu’ils ne participaient pas à l’hérésie de leur chef ecclésiastique, en faisant une opposition publique, ou en se séparant absolument de sa communion. Antioche donna l’exemple du premier, et le succès en répandit l’usage dans toute la chrétienté. La doxologie, ou hymne sacrée qui célèbre la gloire de la sainte Trinité, est susceptible de beaucoup d’inflexions très-délicates, mais très-importantes, et la substance d’un symbole orthodoxe ou hérétique peut s’exprimer par la différence d’une particule copulative ou disjonctive. Flavius et Diodore, deux laïques dévots, actifs et très-attachés à la foi de Nicée, introduisirent des réponses alternatives et une psalmodie plus régulière[1]. Sous leur conduite, un essaim de moines sortit du désert voisin ; des troupes de chanteurs bien instruits remplirent la cathédrale d’Antioche. La gloire DU PÈRE, DU FILS ET DU SAINT ESPRIT, fut célébrée

    pratique, dont il cite ensuite un exemple (p. 861) dans la prétendue élection de Félix : trois eunuques représentaient le peuple romain, et trois prélats qui suivaient la cour firent les fonctions des évêques des provinces.

  1. Thomassin (Discipline de l’Église, t. I, l. II, c. 72, 73, p. 966-984) a rassemblé des faits curieux relatifs à l’origine et aux progrès du chant des églises dans l’Orient et dans l’Occident.