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capitale accoutumée aux séditions et enflammée de l’enthousiasme religieux[1]. La position d’Alexandrie entre la mer et le lac Maréotis, facilitait l’approche et l’entrée des troupes, et elles se trouvèrent introduites dans la ville avant qu’on eût pu faire aucun mouvement pour fermer les portes ou pour occuper les postes susceptibles de défense. Environ à minuit, vingt-trois jours après la signature de la convention, Syrianus, duc d’Égypte, à la tête de cinq mille soldats armés et préparés comme pour un assaut, investit inopinément l’église de Saint-Théonas, où l’archevêque, avec une partie de son clergé, célébrait, en présence du peuple, des dévotions nocturnes. Les portes de l’édifice sacré cédèrent à l’impétuosité de cette attaque, qui fut suivie de tout ce que présentent de plus horrible le tumulte et le carnage ; mais les cadavres des morts et les fragmens d’armes brisées demeurés entre les mains des catholiques, prouvèrent incontestablement, le lendemain, que l’entreprise devait être considérée comme une irruption faite avec succès, plutôt que comme une conquête définitive. Les autres églises de la ville furent profanées par les mêmes violences, et durant quatre

  1. Saint Athanase avait mandé récemment saint Antoine et quelques moines choisis de son couvent ; ils descendirent de leurs montagnes, annoncèrent aux Alexandriens la sainteté d’Athanase, et furent honorablement reconduits par l’archevêque jusqu’à la porte de la ville. (Saint Athanase, t. II, p. 491, 492 ; voy. aussi Rufin, III, 164, in vie. Patr., p. 524.)