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plus efficaces que leurs prières, à délivrer l’Église du plus formidable de ses ennemis[1]. D’après différentes accusations, saint Athanase d’Alexandrie, Eustache d’Antioche et Paul de Constantinople, les principaux chefs du parti catholique furent jugés et déposés sur les sentences de plusieurs conciles. Constantin les relégua dans les provinces les plus éloignées de sa cour ; et le premier des empereurs chrétiens dans ses derniers momens, reçut le sacrement du baptême des mains de l’évêque arien de Nicomédie. On ne peut justifier le gouvernement ecclésiastique de Constantin, du reproche de faiblesse et de légèreté ; mais le monarque crédule et peu au fait des stratagèmes de l’esprit de parti, peut s’être laissé séduire par les protestations modestes et trompeuses des hérétiques, dont il ne comprit jamais parfaitement les opinions. Tandis qu’il protégeait Arius et qu’il persécutait saint Athanase, il n’en regardait pas moins le concile de Nicée comme le rempart de la foi chrétienne et la gloire particulière de son règne[2].

  1. Nous tenons cette histoire de saint Athanase, tom. I, p. 670. Il laisse apercevoir un peu de répugnance à jeter de l’odieux sur la mémoire des morts. Il est possible qu’il ait exagéré ; mais la correspondance continuelle entre Alexandrie et Constantinople ne lui aurait guère permis d’inventer. Ceux qui, croyant au récit littéral de la mort d’Arius, disent que ses boyaux lui sortirent du corps avec ses excrémens, n’ont d’autre alternative que celle du miracle ou du poison.
  2. On peut suivre le changement graduel des sentimens