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les principaux siéges de l’Orient ; ils détestaient hautement, et peut-être avec quelque affectation, l’impieté d’Ætius ; ils faisaient profession de croire, ou sans réserve, ou conformément aux saintes Écritures, que le fils était très-différent de toutes les autres créatures et qu’il était semblable au père seulement ; mais ils niaient qu’il fût ou de la même ou d’une semblable substance. Ils déclaraient quelquefois hardiment leur séparation sur ce point, et dans d’autres occasions ils bataillaient sur le mot substance, qui semble renfermer une notion complète ou du moins distincte de la nature de la Divinité. 3o. La secte qui soutenait la doctrine d’une substance semblable était la plus nombreuse, au moins dans les provinces de l’Asie ; et s’il est vrai que les chefs des deux partis se soient trouvés assemblés au concile de Séleucie[1], leur opinion aurait prévalu par une majorité de cent cinq évêques contre quarante-trois. Le mot grec que l’on choisit pour exprimer cette mystérieuse ressemblance a une si grande affinité avec le symbole orthodoxe, que les profanes de tous les siècles ont tourné en ridicule les querelles violentes dont une seule diphthongue avait été la source entre les homoousiens et les homoiousiens. Comme il arrive souvent que les sons et les caractères qui ont ensemble le plus de rapport

  1. Sabinus (ap. Socrat., l. II, c. 39) a rapporté les actes de ce synode arien ; saint Athanase et saint Hilaire en ont expliqué les divisions ; Baronius et Tillemont ont soigneusement rassemblé toutes les autres circonstances qui y sont relatives.