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tre l’extravagance impie des ariens[1] ; mais il défendit pendant vingt ans le sabellianisme de Marcellus d’Ancyre ; et après qu’il eut été forcé d’abandonner son parti, il ne parla jamais qu’avec un sourire équivoque des erreurs légères de son respectable ami[2].

L’autorité d’un concile général, auquel les ariens furent eux-mêmes forcés de se soumettre, imprima sur les bannières du parti orthodoxe le caractère mystérieux du mot homoousion, qui contribua, nonobstant quelques débats obscurs et quelques combats nocturnes, à maintenir et à perpétuer l’uniformité de la foi, ou du moins de son langage. Les consubstantialistes, à qui leur succès a obtenu le titre de catholiques, se glorifiaient de l’invariable simplicité de leur symbole ; ils insultaient aux variations continuelles de leurs adversaires, privés d’une règle de foi incontestable. La sincérité ou les artifices des chefs ariens, la crainte des lois ou celle des peuples, leur vénération pour le Christ, leur haine pour saint Athanase, toutes les causes sacrées et

  1. Saint Athanase et ses disciples avaient coutume de saluer les ariens du nom d’ariomanites.
  2. Saint Épiphane, t. I ; Hæres., l. XXII, c. 4, p. 837. Voy. les aventures de Marcellus dans Tillemont, Mém. ecclés., t. VII, p. 880-899. Eusèbe répondit par trois livres qui existent encore, à son ouvrage en un seul livre, sur l’unité de Dieu. Après un examen long et soigné, Pétau (t. II, l. I, c. 14, p. 78) a prononcé à regret la condamnation de Marcellus.