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Concile de Nicée. A. D. 325.

En supposant les évêques du concile de Nicée[1] en liberté d’obéir aux mouvemens de leur conscience, Arius et ses partisans ne pouvaient se flatter d’obtenir la majorité des suffrages en faveur d’une hypothèse si directement contraire aux deux opinions le plus généralement adoptées dans le monde catholique. Les ariens sentirent le danger de leur situation et se revêtirent prudemment de ces vertus modestes rarement pratiquées ou même recommandées dans la fureur des discussions civiles ou religieuses, si ce n’est par le parti le plus faible. Ils prêchaient la modération et l’exercice de la charité chrétienne ; ils appuyaient sur la nature incompréhensible de la question, et rejetant tous les termes ou les définitions qui ne se trouvaient pas dans les saintes Écritures, ils offraient de satisfaire leurs antagonistes par de très-fortes concessions, sans cependant renoncer tout-à-fait à leurs principes. La faction victorieuse recevait leurs propositions avec une méfiance hautaine, et tâchait de découvrir quelque article de différence

    de Tertullien contre Praxeas, et les Réflexions modérées de Mosheim, p. 423, 681 ; et Beausobre, t. I, l. III, c. 6, p. 533.)

  1. Les anciens rapportent les transactions du concile de Nicée d’une manière non-seulement partiale, mais très-imparfaite. On ne retrouve point de tableaux tels qu’en aurait fait Fra-Paolo ; mais on peut voir dans Tillemont (Mém. ecclés., t. VI, p. 669-759) et dans Le Clerc (Biblioth. univers., t. X, 453-454) les ébauches grossières qu’en ont tracées la bigoterie et la raison.