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voir tenu plus rigoureusement à la distinction qu’à l’égalité des personnes divines ; mais lorsque la chaleur de la controverse fut calmée, et que les églises de Rome, d’Afrique et d’Égypte, ne craignirent plus les progrès des sabelliens, les opinions théologiques prirent un cours plus tranquille, mais plus invariable, vers l’extrémité contraire, et les docteurs les plus orthodoxes se permirent des expressions et des définitions qu’ils avaient condamnées dans la bouche des sectaires[1]. Lorsque l’édit de tolérance eut rendu aux chrétiens la paix et le loisir, la controverse des trinitaires se ranima dans l’ancienne résidence de l’école platonicienne, la savante, riche et tumultueuse ville d’Alexandrie ; et la flamme de la discorde religieuse se communiqua rapidement des écoles au clergé, au peuple, à la province et dans tout l’Orient. On agita les questions abstraites de l’éternité du logos, dans les conférences ecclésiastiques et dans les sermons. [Arius.]Le zèle d’Arius et celui de ses adversaires rendirent bientôt publiques ses opinions hétérodoxes[2]. Ses antagonistes les plus

    Rome à la fin du second siècle, abusa quelque temps de la bonhomie de l’évêque, et fut réfuté par Tertullien.

  1. Socrate reconnaît que le désir de soutenir une opinion absolument opposée au sentiment de Sabellius, donna naissance à l’hérésie d’Arius.
  2. Saint Épiphane (tom. I, Hæres, l. XIX, 3, p. 729) donne une peinture très-intéressante de la personne et des mœurs d’Arius, du nombre et du caractère de ses premiers disciples ; l’on ne peut que regretter qu’il ait si prompte-