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était plutôt le protecteur que le prosélyte de l’Église chrétienne, il fit juger les débats religieux de l’Afrique par le concile d’Arles, dans lequel les évêques d’York, de Trêves, de Carthage et de Milan vinrent, comme amis et comme frères, discuter ensemble, dans leur langue nationale, les intérêts généraux de l’Église latine ou occidentale[1]. Onze ans après, il se tint une assemblée plus nombreuse et plus célèbre à Nicée en Bithynie, pour éteindre, par une sentence définitive, les subtiles discussions qui s’étaient élevées en Égypte au sujet de la sainte Trinité. Trois cent dix-huit évêques se rendirent aux ordres de leur indulgent souverain, et on fait monter à deux mille quarante-huit le nombre des ecclésiastiques de tous les rangs, de toutes les sectes et de toutes les dénominations qui s’y trouvèrent[2]. Les ecclésiastiques grecs vinrent en personne, et les légats du pontife romain se chargèrent d’exprimer l’assentiment du clergé latin. Les séances durèrent deux mois, et l’empereur les honora souvent de sa pré-

  1. Nous n’avons que trente-trois ou quarante-sept signatures épiscopales ; mais Adon, dont l’autorité n’est pas à la vérité bien respectable, compte six cents évêques au concile d’Arles. (Tillemont, Mém. ecclés., t. VI, p. 422.)
  2. Voyez Tillemont, t. VI, p. 915 ; et Beausobre, Hist. du Manichéisme, t. I, p. 529. Le nom d’évêque donné par Eutychius aux deux mille quarante-huit ecclésiastiques (Annal., t. I, p. 440, vers. Pocock.), s’étend fort au-delà des limites d’une ordination orthodoxe ou même épiscopale.