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prison était un ancien palais autrefois la résidence des rois de Cappadoce. La situation en était riante, les bâtimens magnifiques et l’enceinte spacieuse. Ils firent leurs études et tous leurs exercices sous la conduite des maîtres les plus célèbres ; et la nombreuse suite ou plutôt la garde qui composait la maison des neveux de Constantin, n’était pas indigne de leur naissance ; mais ils ne pouvaient se dissimuler que, dépouillés de leur fortune, privés de liberté et sans aucune défense qui garantît leur sûreté, éloignés de tous ceux auxquels ils auraient pu accorder leur estime ou leur confiance, ils étaient condamnés à passer leur triste vie avec des esclaves dévoués aux ordres d’un tyran que les traitemens qu’ils en avaient soufferts rendaient leur irréconciliable ennemi. [Gallus déclaré César. A. D. 351, 5 mars.]Les embarras de l’état obligèrent cependant l’empereur ou plutôt les eunuques à revêtir Gallus du titre de César dans la vingt-cinquième année de son âge ; et ils cimentèrent cette alliance politique en lui faisant épouser la princesse Constantina. Après la cérémonie d’une entrevue dans laquelle les deux princes firent le serment mutuel de ne jamais rien entreprendre au préjudice l’un de l’autre, ils se retirèrent chacun dans leur résidence ; Constance continua sa marche vers l’Occident, et Gallus se fixa dans la

    aventures de Julien, est contenue dans une épitre ou manifeste qu’il adressa lui-même au sénat et au peuple d’Athènes. Libanius (orat. parentalis) du côté des païens, et Socrate (l. III, c. 1) du côté des chrétiens, ont conservé différentes circonstances fort intéressantes.