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raient la croix qui brillait à la tête des légions, et répandaient parmi leurs sauvages et fiers compatriotes des principes de religion et d’humanité. Les rois d’Ibérie et d’Arménie adoraient le Dieu de leur protecteur. Leurs sujets, qui ont invariablement conservé le nom de chrétiens, formèrent bientôt une alliance perpétuelle et sacrée avec les catholiques romains. On accusa les chrétiens de la Perse, pendant la guerre, de préférer les intérêts de leur religion à ceux de leur pays ; mais tant que la paix subsista entre les deux empires, l’esprit persécuteur des mages fut toujours contenu par l’interposition de Constantin[1]. La lumière de l’Évangile brillait sur les côtes des Indes. Les colonies de Juifs qui avaient pénétré dans l’Arabie et dans l’Éthiopie[2], s’opposaient aux progrès de la foi chrétienne ; mais la connaissance de la révélation mosaïque facilitait en quelque façon les travaux des missionnaires ; et l’Abyssinie révère encore la mémoire de Frumentius, qui dévoua sa vie, du temps de Constantin, à la conversion de ces pays éloignés. Sous le règne de Constance son fils, Théophile[3], indien d’extrac-

  1. Voyez dans Eusèbe (in vit. Constant., l. IV, c. 9) la lettre pressante et pathétique de Constantin en faveur de ses frères chrétiens de la Perse.
  2. Voy. Basnage, Hist. des Juifs, t. VII, p. 182 ; t. VIII, p. 333, t. IX, p. 810. L’activité infatigable de cet écrivain poursuit les Juifs jusqu’à l’extrémité du globe.
  3. Théophile avait été donné en otage, pendant son enfance, par les habitans de l’île de Diva, ses compatriotes, et