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blanche et vingt pièces d’or pour chaque converti[1]. La puissante influence de Constantin ne fut pas circonscrite dans les limites étroites de sa vie ou de ses états. L’éducation qu’il donnait à ses fils et à ses neveux, assura à l’empire une race de princes dont la foi était d’autant plus vive et plus sincère, qu’ils s’étaient pénétrés, dès leur plus tendre jeunesse, de l’esprit ou du moins de la doctrine du christianisme : le commerce et la guerre répandaient la connaissance de l’Évangile au-delà des provinces romaines ; et les Barbares, qui avaient dédaigné une secte proscrite et humiliée, respectèrent une religion adoptée par le plus puissant monarque et par les peuples les plus civilisés du monde[2]. Les Goths et les Germains qui s’enrôlaient sous les drapeaux de l’empire, révé-

  1. Voyez Acta sancti Silvestri, et l’Hist. ecclés., Nicéph. Callist., l. VIII, c. 34 ; ap. Baronius, Ann. ecclés., A. D. 324, nos 67, 74. Ces autorités ne sont pas bien respectables ; mais les circonstances sont si probables en elles-mêmes, que le savant Dr Howell (Hist. du Monde, vol. III, p. 14) n’a pas hésité à les adopter.
  2. Les écrivains ecclésiastiques ont célébré la conversion des Barbares sous le règne de Constantin. (Voy. Sozomène, l. II, c. 6 ; et Théodoret, l. I, c. 23, 24.) Mais Rufin, le traducteur latin d’Eusèbe, doit être considéré comme une autorité respectable. Il a tiré son rapport d’un des compagnons de l’apôtre d’Éthiopie, et de Bacurius, prince ibérien, et en même temps comte des domestiques. Le père Mamachi a donné, dans les premier et second volumes de son grand et défectueux ouvrage, une ample compilation des faits relatifs aux progrès du christianisme.