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rient, selon l’énergique expression d’Eusèbe, était enveloppé dans les ombres de l’obscurité infernale, les rayons favorables d’une lumière céleste éclairaient et échauffaient les heureuses contrées de l’Occident. La piété de Constantin était regardée comme une preuve incontestable de la justice de sa cause, et l’usage qu’il fit de la victoire démontra facilement aux chrétiens que leur héros était conduit et protégé par le Dieu des armées. La conquête de l’Italie amena un édit général de tolérance ; et dès que la défaite de Licinius eut donné à Constantin la souveraineté entière de l’empire, il exhorta tous ses sujets, par des lettres circulaires, à imiter sans délai l’exemple de leur souverain, et à recevoir les divines vérités de la foi chrétienne[1].

Fidélité et zèle du parti chrétien.

La persuasion où étaient les chrétiens que la gloire de Constantin servait d’instrument aux décrets de la Providence, imprimait dans leur imagination deux idées qui, par des moyens très-différens, servaient également à faire réussir la prophétie. Leur fidélité active et pleine de zèle épuisait en sa faveur toutes les ressources de l’industrie humaine ; et ils étaient intimement convaincus que le ciel seconderait leurs constans efforts par un secours miraculeux. Les ennemis de Constantin ont attribué à des motifs intéressés l’alliance qu’il forma insensiblement avec l’Église catholique, et qui semble avoir contribué

    persécution de Licinius, tirée d’Eusèbe (Hist. ecclésiast., l. X, c. 8 ; Vit. Const., l. I, c. 49, 56 ; l. II, c. 1, 2). Aurelius-Victor parle en général de sa cruauté.

  1. Eusèb., in vit. Constant., l. II, c. 24, 42, 48, 60.