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pendant l’été une langueur et des maladies mortelles, et toute leur fougue se dissipait sous les feux brûlans du soleil de l’Italie[1].

Origine des Germains.

En parcourant la surface du globe, il n’est point de partie considérable où l’on ne découvre des habitans ; et partout l’histoire se tait sur la manière dont ces pays ont d’abord été peuplés. En vain l’esprit philosophique examine soigneusement l’enfance des grandes sociétés ; il n’aperçoit que des ténèbres, et notre curiosité se consume en efforts inutiles. Lorsque Tacite considère la pureté du sang des Germains et l’aspect affreux de leur patrie, il est disposé à déclarer ces Barbares indigènes. Il est probable, et peut même paraître certain, que l’ancienne Germanie n’avait pas été originairement peuplée par des colonies étrangères déjà formées en corps politique[2]. Ce qui paraît le plus vraisemblable, c’est

  1. Les Romains faisaient la guerre dans tous les climats ; partout leur vigueur et leur santé se soutenaient, en grande partie, par leur discipline excellente. On peut remarquer que l’homme est le seul animal qui puisse vivre et se reproduire dans toutes les contrées, depuis l’équateur jusqu’aux pôles. Sous ce rapport, le cochon est celui de tous les animaux qui semble approcher le plus de notre espèce.
  2. Tacite, Germ., c. 3. Les Gaulois, dans leurs migrations, suivirent le cours du Danube, et se répandirent dans la Grèce et en Asie. Tacite n’a pu découvrir qu’une très-petite tribu, qui conservât quelques traces d’une origine gauloise (*).
    (*) Gothines, qu’il ne faut pas confondre avec les Goths (Gothen)