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vinces à l’abri des incursions des Barbares, qui redoutaient ou qui avaient éprouvé son active valeur. Après une victoire signalée sur les Francs et sur les Allemands, plusieurs de leurs princes furent exposés par son ordre aux bêtes sauvages dans l’amphithéâtre de Trêves ; et le peuple, témoin de ce traitement envers de si illustres captifs, semble n’avoir rien aperçu dans un pareil spectacle qui blessât les droits des nations ni ceux de l’humanité[1].

Tyrannie de Maxence en Italie et en Afrique. Ann. 306-312.

Les vices de Maxence répandirent un nouvel éclat sur les vertus de Constantin. Tandis que les provinces de la Gaule goûtaient tout le bonheur dont leur condition paraissait alors susceptible, l’Italie et l’Afrique gémissaient sous le despotisme d’un tyran aussi méprisable qu’odieux. À la vérité, le zèle de la faction et de la flatterie a trop souvent sacrifié la réputation des vaincus à la gloire de leurs heureux rivaux ; mais les écrivains même qui ont révélé avec le plus de plaisir et de liberté les fautes de Constantin, conviennent unanimement que Maxence était cruel, avide, et plongé dans la débauche[2]. Il avait eu le bonheur d’apaiser une légère rebellion en Afrique. Le gouverneur, et un petit nombre de per-

  1. Eutrope, X, 3 ; Panegyr. vet., VII, 10, 11, 12. Un grand nombre de jeunes Francs furent aussi exposés à cette mort cruelle et ignominieuse.
  2. Julien exclut Maxence du banquet des Césars, et il parle de ce prince avec horreur et avec mépris. Zosime, l. II, p. 85, l’accuse aussi de toutes sortes de cruautés et de débauches.