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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/418

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première et pour la dernière fois, par six empereurs. En Occident, Constantin et Maxence affectaient de respecter leur père Maximien. Licinius et Maximin en Orient, montraient une considération plus réelle à Galère leur bienfaiteur. L’opposition d’intérêt et le souvenir récent d’une guerre cruelle divisèrent l’empire en deux grandes puissances ennemies ; mais leurs craintes respectives produisirent une tranquillité apparente et même une feinte réconciliation, jusqu’à ce que la mort des deux plus anciens souverains, de Maximien et surtout de Galère, donnât une nouvelle direction aux vues et aux passions ambitieuses des princes qui leur survécurent.

Malheurs de Maximien.

Lorsque Maximien avait, malgré sa répugnance, abdiqué l’empire, la bouche vénale des orateurs de ce siècle avait applaudi à sa modération philosophique. Ils le remercièrent de son généreux patriotisme, lorsque son ambition alluma, ou du moins attisa le feu de la guerre ; et ils le reprirent doucement de cet amour pour le repos et pour la solitude, qui l’avaient éloigné du service public[1]. Mais il était impossible que l’harmonie subsistât long-temps entre Maximien et son fils, tant qu’ils seraient assis sur le même trône. Maxence, qui se regardait comme le souverain de l’Italie, légitimement élu par le sénat et par le peuple romain, ne pouvait supporter les prétentions arro-

  1. Voyez Panegyr. vet., VI, 9. Audi doloris nostri liberam vocem, etc. Tout le passage est dicté par la flatterie la plus adroite, et exprimé avec une éloquence facile et agréable.