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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/40

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était de rétablir la gloire et les limites de la monarchie persane. Le grand roi (tel était le titre pompeux sous lequel il s’annonçait à l’empereur), le grand roi ordonnait donc aux Romains de se retirer immédiatement des provinces où régnaient autrefois ses ancêtres ; et, satisfait de rester paisiblement en possession de l’Europe, de céder aux Perses l’empire de l’Asie.

Quatre cents Perses, d’une beauté et d’une taille remarquables, furent chargés de ce fier message. Ils s’efforcèrent, par de superbes chevaux, par des armes magnifiques et par une suite brillante, de déployer l’orgueil et la grandeur de leur maître[1]. Une pareille ambassade était moins une offre de négociation, qu’une déclaration de guerre. Les deux monarques rassemblèrent aussitôt toutes leurs forces, et prirent le parti de conduire leurs armées en personne.

Prétendue victoire d’Alexandre-Sévère. A. D. 233.

Il existe encore un discours de l’empereur lui-même, qui fut prononcé à cette occasion dans le sénat. Si nous en croyons ce monument, qui semblerait devoir être authentique, la victoire d’Alexandre-Sévère égala toutes celles que le fils de Philippe avait autrefois remportées sur les Perses. L’armée du grand roi était composée de cent vingt mille chevaux tout enharnachés en airain, de dix-huit cents chariots armés de faux, et de sept cents éléphans qui portaient des tours remplies d’archers.

  1. Hérodien, VI, 209, 212.