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thes, les Romains avaient obtenu au-delà de l’Euphrate un établissement fixe et permanent[1].

Artaxercès réclame les provinces de l’Asie, et déclare la guerre aux Romains. A. D. 230.

Lorsque Artaxercès prit les armes, la gloire et la prudence auraient pu le justifier, s’il eût borné ses vues à l’acquisition ou à la défense d’une frontière utile. Mais l’ambition lui avait tracé un plan de conquête bien plus vaste ; et il se persuada qu’il pouvait employer la raison, aussi-bien que la force, pour soutenir ses prétentions excessives. Cyrus était le modèle qu’il se proposait d’imiter. Ce héros, disait-il dans son message à l’empereur Alexandre-Sévère, subjugua le premier toute l’Asie, et ses successeurs en restèrent long-temps les maîtres. Leurs domaines touchaient à la Propontide et à la mer Égée. Des satrapes gouvernaient en leur nom la Carie et l’Ionie ; enfin toute l’Égypte, jusqu’aux confins de l’Éthiopie, reconnaissait leur souveraineté[2]. Leurs droits, ajoutait Artaxercès, avaient été suspendus par une longue usurpation ; mais ils n’étaient pas détruits, et du moment où la naissance et le courage avaient placé la couronne sur sa tête, son premier devoir

  1. Depuis Oshroès, qui donna un nouveau nom au pays jusqu’au dernier Abgare, ce royaume a duré trois cent cinquante-trois ans. Voyez le savant ouvrage de M. Bayer : Historia. Oshroena et Edessena.
  2. Xénophon, dans la préface de la Cyropédie, donne une idée claire et magnifique de l’étendue de la monarchie de Cyrus. Hérodote (l. III, c. 79, etc.) rend un compte très-détaillé et très curieux de la division de l’empire en vingt grandes satrapies, par Darius-Hystaspes.