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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/386

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avantageuse, et couvertes en quelques endroits de vignes, de bois et de villages[1]. »

Palais de Dioclétien.

Quoique Constantin, par un motif facile à pénétrer, ait affecté de mépriser le palais de Dioclétien[2], cependant un de ses successeurs qui n’avait pu le voir que dans un état de décadence, en parle avec la plus grande admiration[3]. Ce palais renfermait un espace de neuf à dix acres anglaises. Il était de forme quadrangulaire et flanqué de seize tours. Deux des côtés avaient près de six cents pieds de longueur, et les deux autres environ sept cents. Tout l’édifice avait été construit en pierres de taille tirées des carrières voisines de Trau ou Tragutium, et presque aussi belles que le marbre. Quatre rues, qui se coupaient à angles droits, divisaient les différentes parties de ce vaste bâtiment. L’apparte-

  1. Adam, Antiquités du palais de Dioclétien à Spalatro, p. 6. Nous pouvons ajouter une circonstance ou deux, tirées du Voyage de l’abbé de Fortis. L’Hyader, petite rivière dont parle Lucain, produit des truites excellentes, qui, selon la remarque d’un écrivain très-judicieux, moine peut-être, déterminèrent Dioclétien sur le choix de sa retraite. (Fortis, p. 45.) Le même auteur (p. 38) observe qu’on voit renaître à Spalatro du goût pour l’agriculture, et qu’une société vient d’établir une ferme près de la ville, pour y faire des expériences.
  2. Constantin, Orat. ad cœtum sanct., c. 25. Dans ce discours, l’empereur, ou l’évêque qui le composa pour lui, affecte de rapporter la fin malheureuse de tous les persécuteurs de l’Église.
  3. Constant. Porphyr., De statû imper., p. 86.