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se flattait qu’une ostentation de splendeur et de luxe subjuguerait l’imagination de la multitude ; que le monarque serait moins exposé à la licence grossière des soldats et du peuple, tant qu’il se déroberait aux regards publics ; et que l’habitude de la soumission produirait insensiblement des sentimens de respect. Semblable à la modestie affectée d’Auguste, le faste de Dioclétien fut une représentation de théâtre. Mais, il faut l’avouer, de ces deux comédies la première renfermait plus de noblesse et de véritable grandeur que la dernière : l’une avait pour but de cacher, et l’autre de développer le pouvoir immense que les empereurs exerçaient sur leurs vastes domaines.

Nouvelle forme d’administration. Deux Augustes et deux Césars.

L’ostentation avait été le premier principe du système de Dioclétien ; la division en fut le second. Il divisa l’empire, les provinces et toutes les branches de l’administration civile et militaire. Il multiplia les roues de la machine politique ; et si ses opérations furent moins rapides, elles devinrent plus sûres. Tous les avantages et tous les défauts que l’on a pu remarquer dans le nouveau système doivent être attribués, en grande partie, à son premier inventeur. Mais, comme ce plan d’administration fut perfectionné par degrés, et qu’il ne fut achevé que sous les princes suivans, nous examinerons l’édifice lorsque nous serons arrivés au temps où il fut entièrement fini[1]. Réservant donc pour le règne de Con-

  1. Les innovations introduites par Dioclétien sont prin-