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pereurs, quoique nés en Afrique, ou en Illyrie, respectaient leur patrie adoptive, comme le siége de leur grandeur et comme le centre de leurs vastes domaines. La guerre exigeait souvent leur présence sur les frontières. Mais Dioclétien et Maximien furent les premiers princes qui, en temps de paix, fixèrent leur résidence ordinaire dans les provinces. Leur conduite, quel qu’en ait été le motif particulier, pouvait être justifiée par des vues spécieuses de politique. [Leur résidence à Milan.]L’empereur de l’Occident tenait ordinairement sa cour à Milan, dont la situation au pied des Alpes le mettait bien plus à portée de veiller aux mouvemens des Barbares de la Germanie, que s’il eût fixé son séjour à Rome. Milan eut bientôt la splendeur d’une ville impériale ; ses maisons étaient aussi nombreuses et aussi bien bâties ; le même goût et la même politesse régnaient parmi les habitans. Un cirque, un palais, un théâtre, une cour des monnaies, des bains, qui portaient le nom de Maximien, leur fondateur ; des portiques ornés de statues, une double enceinte de murs, tout contribuait à la beauté de la nouvelle capitale, qui ne paraissait pas éclipsée par la proximité de l’ancienne[1]. Dioclétien voulut aussi que

  1. Voyez Aurelius-Victor, qui parle aussi des bâtimens élevés par Maximien à Carthage, probablement durant la guerre des Maures. Nous rapporterons quelques vers d’Ausone, De Clar. urb., V.

    Et mediolani mira omnia : copia rerum,
    Innumeræ cultæque domus ; facunda virorum