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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/359

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fut bientôt augmentée par l’art et par la science militaire. Il y en avait quatre de peu d’étendue, l’Intiline, la Zabdicène, l’Arzanène et la Moxoène, noms d’ailleurs peu connus ; mais à l’orient du Tigre, l’empire acquit le pays montueux et considérable de la Carduène, l’ancienne patrie des Carduques, qui, placés dans le centre du despotisme de l’Asie, conservèrent, pendant plusieurs siècles, leur mâle indépendance. Les dix mille Grecs traversèrent leur contrée après sept jours d’une marche pénible ou plutôt d’un combat perpétuel. Le chef de cette fameuse entreprise avoue, dans son admirable relation, que ses concitoyens eurent plus à souffrir des flèches des Carduques que de toutes les forces du grand roi[1]. La postérité de ces Barbares, les Curdes, qui ont conservé presque en entier le nom et les mœurs de leurs ancêtres, vivent indépendans sous la protection du sultan des Turcs. [Arménie.]3o. Il est presque inutile de dire que Tiridate, ce fidèle allié de Rome, occupa le trône de ses pères. Les empereurs soutinrent et assurèrent d’une manière irrévocable leurs droits de souveraineté sur l’Arménie. Les limites de

    que les cinq provinces étaient situées au-delà du Tigre par rapport à la Perse, et non par rapport à l’Empire romain.

  1. Xénophon, Retraite des dix mille, l. IV. Leurs arcs avaient trois coudées de long, leurs flèches deux. Ils faisaient rouler des hauteurs des pierres dont chacune aurait pu faire la charge d’un chariot. Les Grecs trouvèrent un grand nombre de villages dans cette contrée barbare.