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gulièrement fortifiée[1]. La Mésopotamie, si long-temps disputée, fut cédée à l’empire, et par le traité les Perses renoncèrent à toute prétention sur cette grande contrée. [Cession de cinq provinces au-delà du Tigre.]2o. Ils abandonnèrent aux Romains cinq provinces au-delà du Tigre[2], qui formaient une barrière très-utile, et dont la force naturelle

    Chaboras, l’Araxe de Xénophon, prend sa source au-dessus de Ras-Aïn ou Re-Saina (Theodosiopolis), environ à 27 lieues du Tigre ; il reçoit les eaux du Mygdonius ou Saocoras à 33 lieues environ au dessous de Nisibis, à un bourg appelé aujourd’hui Al-Nahraïm : il ne passe point sous les murs de Singara, c’est le Saocoras qui arrose cette ville ; ce dernier fleuve prend sa source près de Nisibis, à 5 lieues du Tigre. (Voy. d’Anv., l’Euphrate et le Tigre, p. 46, 49, 50 et la carte.)

    À l’orient du Tigre se trouve un autre fleuve moins considérable, nommé aussi le Chaboras, et que d’Anville appelle le Centrites, Khabour, Nicephorius, sans citer les autorités d’après lesquelles il lui donne ces noms. Gibbon n’a pu vouloir parler de ce dernier fleuve, qui ne passe point à Singara, et ne tombe point dans l’Euphrate. (Voy. Michaelis, Supplem. ad lexica hebraïca. 3e part., p. 664 et 665). (Note de l’Éditeur).

  1. Procope, De ædificiis, l. II, c. 6.
  2. Tous les auteurs conviennent que la Zabdicène, l’Arzanène et la Carduène, furent au nombre des provinces cédées ; mais au lieu des deux autres, Pierre (Excerpta leg., p. 30) ajoute la Rehimène et la Sophène. J’ai préféré Ammien (l. XXV, 7), parce qu’on peut prouver que la Sophène ne fut jamais entre les mains des Perses avant le règne de Dioclétien, ni après celui de Jovien. Le défaut de cartes exactes, telles que celles de M. d’Anville, a fait supposer à presque tous les modernes, Tillemont et Valois à leur tête,