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[Discours de l’ambassadeur persan.]possédait sa faveur et sa confiance, pour négocier un traité, ou plutôt pour recevoir les conditions qu’il plairait au vainqueur d’imposer. Apharban commença par exprimer combien son maître était reconnaissant du traitement généreux qu’éprouvait sa famille ; il demanda ensuite la liberté de ces illustres captifs. Il célébra la valeur de Galère, sans dégrader la réputation de Narsès, et il ne rougit pas d’avouer la supériorité du César victorieux sur un monarque qui surpassait, par l’éclat de sa gloire, tous les princes de sa race. Malgré la justice de la cause des Perses, il était chargé de soumettre les différends actuels à la décision des empereurs romains, persuadé qu’au milieu de leur prospérité, ces princes n’oublieraient pas les vicissitudes de la fortune. Apharban termina son discours par une allégorie dans le goût oriental. Les monarchies persane et romaine, disait-il, étaient les deux yeux de l’univers, qui resterait imparfait et mutilé, si l’on arrachait l’un des deux.

Réponse de Galère.

« Il convient bien aux Persans, répliqua Galère dans un transport de rage qui semblait agiter tous ses membres, il convient bien aux Persans de s’étendre sur les vicissitudes de la fortune, et de nous étaler froidement des préceptes de vertu, qu’ils se rappellent leur modération envers l’infortuné Valérien : après avoir vaincu ce prince par trahison, ils l’ont traité avec indignité ; ils l’ont retenu jusqu’au dernier moment de sa vie dans une honteuse captivité, et après sa mort ils ont exposé son corps à une ignominie perpétuelle. » Prenant ensuite un ton plus