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qui avaient probablement été employées dans la première expédition, on substitua des vétérans et de nouvelles levées tirées des frontières de l’Illyrie ; et le prince prit à son service un corps considérable de Goths auxiliaires[1]. Galère repassa l’Euphrate à la tête d’une armée choisie de vingt-cinq mille hommes ; mais au lieu d’exposer ses légions dans les plaines découvertes de la Mésopotamie, il s’ouvrit une route à travers les montagnes de l’Arménie, dont il trouva les habitans dévoués à sa cause, et dont le terrain était aussi favorable aux opérations de l’infanterie que peu propre aux mouvemens de la cavalerie[2]. [Sa victoire.]L’adversité avait affermi la discipline des Romains, tandis que les Barbares, enflés de leur succès, étaient tombés dans une telle négligence et un tel relâchement, qu’au moment où ils s’y attendaient le moins, ils furent surpris par l’activité de Galère. Ce prince, accompagné seulement de deux cavaliers, avait examiné lui-même secrètement l’état et la position de leur camp. Il le fit attaquer au milieu de la nuit. Une pareille surprise était presque toujours fatale aux soldats perses. « Ils liaient leurs chevaux, et leur mettaient des entraves aux pieds pour les empêcher de s’échapper. En cas d’alarme, le Persan avait son cheval à brider, sa housse à poser et sa

  1. Aurel.-Victor ; Jornandès, De reb. geticis, c. 21.
  2. Aurel.-Victor dit : Per Armeniam in hostes contendit, quæ fermè sola, seu facilior vincendi via est. Galère suivit la conduite de Trajan et l’idée de Jules César.