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tôt un aspect riant. Quel triomphe pour les habitans des provinces de voir le sauvage du Nord si long-temps un objet de terreur, défricher leurs terres, mener leurs troupeaux dans les marchés publics, et contribuer, par ses travaux, à l’abondance générale ! Ils félicitaient leur maître d’un accroissement si utile de sujets et de soldats ; mais ils ne réfléchissaient pas que l’empire nourrissait dans son sein une foule d’ennemis secrets, dont les uns étaient devenus insolens par la faveur, tandis que l’oppression pouvait précipiter les autres dans un désespoir funeste[1].

Guerres d’Afrique et d’Égypte.

Pendant que les Césars exerçaient leur valeur sur les rives du Rhin et du Danube, l’Afrique exigeait la présence des empereurs. Du Nil au mont Atlas tout était en armes. Cinq nations maures[2], sorties de leurs déserts, avaient réuni leurs forces pour envahir des provinces tranquilles. Julien avait pris la

    établissement que ces Barbares fainéans paraissent avoir abandonné : Ausone en parle dans son poème sur la Moselle.

    Unde iter ingrediens nemorosa per avia solum,
    Et nulla humani spectans vestigia cultus.

    Arvaque Sauromatûm nuper metata colonis.

    Il y avait une ville de Carpiens dans la Basse-Mœsie.

  1. Voyez les félicitations d’Eumène, écrites en style de rhéteur, Panegyr., VII, 9.
  2. Scaliger (animad. ad Euseb., p. 243) décide, à sa manière ordinaire, que les quinque gentiani, ou cinq nations africaines, étaient les cinq grandes villes, la pentapole de la faible province de Cyrène.