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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/335

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Les monumens de ce siècle nous feraient peut-être connaître plusieurs autres victoires remportées sur les Germains et sur les Sarmates ; mais le récit de ces exploits exigerait des recherches dont l’ennui ne saurait être compensé par le plaisir ni par l’instruction.

Traitement fait aux Barbares.

Dioclétien et ses collègues suivirent, dans la manière dont ils disposèrent des vaincus, la conduite qu’avait adoptée l’empereur Probus. Les Barbares captifs, échangeant la mort contre l’esclavage, furent distribués parmi les habitans des provinces, et fixés dans les pays qu’avaient dépeuplés les calamités de la guerre. On spécifie particulièrement dans la Gaule les territoires d’Amiens, de Beauvais, de Cambrai, de Trèves, de Langres et de Troyes[1]. Ces esclaves furent employés utilement à garder les troupeaux et à cultiver les campagnes. Ils n’avaient la permission de porter les armes que lorsqu’on jugeait à propos de les faire entrer au service militaire. Les Barbares qui sollicitèrent la protection de Rome, obtinrent des terres à des conditions moins serviles. Les empereurs accordèrent un établissement à différentes colonies de Carpiens, de Bastarnes et de Sarmates ; et ils eurent l’imprudence de les laisser en quelque sorte conserver leurs mœurs et leur indépendance naturelle[2]. Cependant les campagnes prirent bien-

    dans saint Jérôme, Orose, Eutrope et son traducteur grec Pæan.

  1. Panegyr. vet., VII, 21.
  2. Les Sarmates avaient dans le voisinage de Trèves un