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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/333

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ble fut rarement forcée, et les nations ennemies, contenues de toutes parts, tournèrent souvent leur rage les unes contre les autres. [Dissension des Barbares.]Les Goths, les Vandales, les Gépides, les Bourguignons, les Allemands, détruisaient leur propre force par de cruelles hostilités : quel que fut le vainqueur, le vaincu était un ennemi de Rome. Les sujets de Dioclétien jouissaient de ce spectacle sanglant, et ils voyaient avec joie les Barbares exposés, seuls alors, à toutes les horreurs de la guerre civile[1].

Conduite des empereurs.

Malgré la politique de Dioclétien, il ne lui fut pas toujours possible, pendant son règne de vingt ans, de maintenir la paix le long d’une frontière de plusieurs centaines de milles. Quelquefois les Barbares suspendaient leurs animosités domestiques. La vigilance des garnisons cédait quelquefois à l’adresse ou à la force. Lorsque les provinces étaient envahies, Dioclétien se conduisait avec cette dignité calme qu’il affecta toujours ou qu’il possédait réellement. Se réservant pour les occasions dignes de sa présence, il n’exposait jamais sa personne ni sa réputation à d’inutiles dangers. Après avoir employé tous les moyens que dictait la prudence pour assurer ses succès, il usait avec ostentation de sa victoire. Dans

    castra percenseam, toto Rheni, et Istri, et Euphratis limite restitiua. Paneg. vet., IV, 18.

  1. Ruunt omnes in sanguinem suum populi, quibus non contigit esse Romanis, obstinatæque feritates pœnas nunc sponte persolvunt. (Panegyr. vet., III, 16.) Mamertin appuie ce fait de l’exemple de presque toutes les nations du monde.