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de ses prédécesseurs, il se proposait surtout d’imiter la philosophie pleine d’humanité de Marc-Aurèle[1].

Élévation et caractère de Maximien. A. D. 286. 1er avril.

La première action considérable de son règne parut un garant de sa modération et de sa sincérité. Il prit pour collègue Maximien, et il lui accorda d’abord le titre de César, ensuite celui d’Auguste[2]. Marc-Aurèle avait déjà donné un pareil exemple ; mais en couronnant un jeune prince livré à ses passions, il avait sacrifié le bonheur de l’état pour acquitter une dette de reconnaissance particulière. Les motifs de Dioclétien et l’objet de son choix furent d’une nature entièrement différente. En associant aux travaux du gouvernement un ami, un compagnon d’armes, il s’assurait, en cas de danger, les moyens de pouvoir défendre à la fois l’Orient et l’Occident. Maximien, né paysan, et, de même qu’Aurélien, dans le territoire de Sirmium, n’avait reçu aucune éducation. Sans lettres[3], sans

  1. Aurelius-Victor appelle Dioclétien parentem potius quam dominum. Voyez Hist. Aug., p. 30.
  2. Les critiques modernes ne s’accordent pas sur le temps où Maximien reçut les honneurs de César et d’Auguste, et cette question a donné lieu à un grand nombre de savantes querelles. J’ai suivi M. de Tillemont (Hist. des Empereurs, tom. IV, p. 500-505), qui a pesé les difficultés et les différentes raisons avec l’exactitude scrupuleuse qui lui est propre.
  3. Dans un discours prononcé devant lui (Paneg. vet., II, 8), Mamertin doute si son héros, en imitant la conduite d’Annibal et de Scipion, a jamais entendu prononcer leurs