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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/309

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mes de la retraite, ni son caractère ni ses études ne l’avaient rendu propre au commandement des armées. Les fatigues de la guerre de Perse détruisirent sa constitution ; et ses yeux, incapables de soutenir la chaleur du climat[1], avaient contracté une faiblesse qui l’obligea, pendant une longue marche, de se renfermer dans la solitude et dans l’obscurité d’une tente ou d’une litière. L’administration de toutes les affaires, tant militaires que civiles, fut remise au préfet du prétoire, Arius Aper, qui à l’importance de sa dignité ajoutait l’honneur d’avoir Numérien pour gendre : cet officier avait confié la garde du pavillon impérial aux plus dévoués de ses partisans ; et ce fut lui qui, pendant plusieurs jours, communiqua aux troupes les ordres supposés de leur invisible souverain[2].

Mort de Numérien.

L’armée romaine avait quitté les bords du Tigre dès que Carus avait eu les yeux fermés : elle n’arriva qu’après huit mois d’une marche lente sur les rives du Bosphore de Thrace. Les légions s’arrêtèrent à Chalcédoine en Asie, tandis que la cour passait à Héraclée, ville d’Europe, baignée par la Propontide[3]. Tout à coup on parle de la mort de l’empe-

  1. Cause plus naturelle au moins que celle dont parle Vopiscus, Hist. Aug., p. 251. Cet historien attribue la faiblesse de ses yeux aux pleurs qu’il ne cessa de verser sur la mort de son père.
  2. Dans la guerre de Perse, Aper fut soupçonné d’avoir eu le projet de trahir Carus, Hist. Aug., p. 250.
  3. Nous devons à la Chronique d’Alexandrie, p. 274, la