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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/273

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taire. L’instant approchait où ils allaient éprouver que refuser l’épée c’est renoncer au sceptre.

Victoires de Probus sur les Barbares.

La force d’Aurélien avait écrasé de tous côtés les ennemis de Rome. Après sa mort ils parurent renaître et même se multiplier. Ils furent de nouveau vaincus par la vigueur et par l’activité de Probus, qui, dans un règne de six ans[1] environ, égala les anciens héros, et rétablit l’ordre dans toute l’étendue de l’univers romain. Il assura si bien les frontières de la Rhétie, province exposée depuis long-temps à toutes les horreurs de la guerre, qu’il en éloigna toute crainte d’hostilité. La terreur de ses armes dispersa les Sarmates. Les tribus errantes de ces Barbares, forcées d’abandonner leur butin, retournèrent dans leurs déserts. La nation des Goths rechercha l’alliance d’un prince si belliqueux[2]. Il attaqua les Isaures dans leurs montagnes[3], assiégea et prit

  1. La date et la durée du règne de Probus sont fixés avec beaucoup d’exactitude par le cardinal Noris, dans son savant ouvrage De epochis Syro-Macedonum, p. 96-105. Un passage d’Eusèbe lie la seconde année du règne de Probus avec les ères de plusieurs villes de Syrie.
  2. Vopiscus, Hist. Aug., p. 239.
  3. L’Isaurie était une petite province de l’Asie Mineure, entre la Pisidie et la Cilicie : les Isaures exercèrent long-temps le métier de voleurs et de pirates. Leur principale ville, Isaura, fut détruite par le consul Servilius, qui reçut le surnom d’Isauricus. D’Anville, Géogr. anc., t. II, p. 86. (Note de l’Éditeur).