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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/238

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times nombreuses, et peut-être innocentes, que la tremblante Zénobie dévouait à la mort. Le nom de Longin vivra plus long-temps que celui de la reine qui le trahit, ou du tyran qui le condamna. La science et le génie ne furent pas capables d’adoucir la colère d’un soldat ignorant ; mais ils avaient servi à élever et à régler l’âme de Longin. Sans proférer une seule plainte, il marcha tranquillement au supplice, touché de compassion pour les malheurs de sa souveraine, et consolant lui-même ses amis affligés[1].

Révolte et ruine de Palmyre.

Après avoir soumis l’Orient, Aurélien revint en Europe. Des qu’il eut passé le détroit qui la sépare de l’Asie, il apprit que le gouverneur et la garnison de Palmyre venaient d’être massacrés, et que les habitans avaient de nouveau levé l’étendard de la révolte. Cette nouvelle allume sa colère ; il part sans hésiter, vole une seconde fois en Syrie. Sa marche précipitée jette l’épouvante dans Antioche : bientôt Palmyre éprouve tout le poids de son ressentiment. Il existe encore une lettre de ce prince, où il avoue lui-même[2] que les enfans, les femmes, les vieillards et les paysans, confondus avec les rebelles, ont été enveloppés dans un massacre général. Quoiqu’il paraisse occupé principalement à rétablir un temple du Soleil, il laisse voir quelque pitié pour le petit nombre de Palmyréniens qui ont échappé à la destruction de leur patrie. Il leur accorde la permission de rebâ-

  1. Vopiscus, Hist. Aug., p. 219. Zosime, l. I, p. 51.
  2. Hist. Aug., p. 219.