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courtes les rendaient formidables, lorsqu’ils en venaient aux mains. Leur noble soumission à des rois héréditaires donnait à leurs conseils une union et une stabilité peu communes[1]. Amala, le héros de ce siècle, le dixième aïeul de Théodoric, roi d’Italie, était digne de les commander. Ce chef illustre soutenait, par l’ascendant du mérite personnel, la noblesse de son origine, qu’il attribuait aux Anses ou demi-dieux de la nation[2].

La nation des Goths s’accroît dans sa marche.

Le bruit d’une grande entreprise, répandu dans la Germanie, excita le courage des plus braves guerriers de plusieurs nations vandales, que nous voyons, un petit nombre d’années après, prendre part à la guerre sous le nom générique de Goths[3]. Les conquérans se rendirent d’abord sur les rives du Prypek, rivière que les anciens ont universellement regardée comme la branche méridionale du

  1. Omnium harum gentium, insigne, rotunda scuta, breves gladii, et erga reges obsequium. Tacite, Germ., 43. Le commerce de l’ambre procura vraisemblablement du fer à la nation des Goths.
  2. Jornandès, c. 13, 14.
  3. Les Hérules et les Bourguignons sont particulièrement nommés. Voyez l’Histoire des Germains, par Mascou, l. V. Un passage de l’Histoire Auguste, p. 28, paraît faire allusion à cette grande migration. La guerre des Marcomans fut occasionnée en partie par la pression des tribus barbares, qui fuyaient devant les armes de Barbares plus septentrionaux.