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les tribus, et soit dans les entrevues particulières, soit dans ses discours publics, il prêchait la croyance et le culte d’un seul Dieu. Faible alors dans ses moyens et sage dans sa doctrine, il soutenait la liberté de conscience, et réprouvait l’usage de la violence en matière de religion[1] : mais il exhortait les Arabes au repentir, et les conjurait de se souvenir des anciens idolâtres de Ad et de Thamud, que la justice divine avait fait disparaître de dessus la surface de la terre[2].

La tribu de Koreish s’oppose à sa mission. A. D. 613-622.

La superstition et la jalousie affermissaient le peuple de la Mecque dans son incrédulité. Les anciens de la ville, les oncles du prophète, affectaient de mépriser l’audace d’un orphelin qui voulait jouer le rôle de réformateur de son pays. Les pieuses oraisons

  1. Les passages du Koran en faveur de la tolérance sont énergiques et en grand nombre. Voyez c. 2, v. 257 ; c. 16, v. 129 ; c. 17, v. 54 ; c. 45, v. 15 ; c. 50, v. 39 ; c. 88, v. 21, etc., avec les notes de Maracci et de Sale. En général les savans peuvent juger selon qu’ils apercevront ou non ce caractère de tolérance, si tel chapitre a été révélé à la Mecque ou à Médine.
  2. Voyez le Koran (passim, et particulièrement c. 7, p. 123, 124, etc.) et la tradition des Arabes (Pococke, Specimen, p. 35-37). On montrait à mi-chemin, entre Médine et Damas, des cavernes de la tribu de Thamud, propres à des hommes d’une taille ordinaire (Abulféda, Arabiæ Descript., p. 43-44) ; on peut les attribuer avec assez de vraisemblance aux troglodites du monde primitif (Michaelis, ad Lowth, De pœsi Hebræor., p. 131-134 ; Recherches sur les Égyptiens, t. II, p. 48, etc.).