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et la censure publique força Titus à renvoyer Bérénice malgré lui et malgré elle[1]. Afin de perpétuer l’autorité de cette maxime, on supposa qu’elle avait été confirmée par Constantin-le-Grand. Les ambassadeurs des nations étrangères, et surtout des nations qui n’avaient pas embrassé le christianisme, furent avertis d’une manière solennelle que ces alliances avaient été proscrites par le fondateur de la capitale et de la religion de l’empire. [Loi imaginaire de Constantin.] On inscrivit la prétendue loi sur l’autel de Sainte-Sophie, et on déclara déchu de la communion civile et religieuse des Romains l’impie qui oserait souiller la majesté de la pourpre. Si les ambassadeurs avaient été instruits par quelques faux frères de l’histoire de la cour de Byzance, ils auraient pu citer trois infractions mémorables à cette loi imaginaire, le mariage de Léon ou plutôt de son père Constantin IV, avec la fille du roi des Chozares, celui d’une petite-fille de Romanus avec un prince bulgare, et enfin celui de Berthe, princesse de France ou d’Italie, avec le jeune Romanus, fils de Constantin Porphyrogenète lui-même. Mais on avait pour ces trois objections trois réponses

    ineo ? Uxor mea est (Sueton., in August., c. 69). Cependant je ne sais, et je n’ai pas le temps de rechercher si le triumvir a jamais osé célébrer son mariage avec Cléopâtre, selon les rites de Rome ou selon ceux de l’Égypte.

  1. Berenicem invitus invitam dimisit (Sueton., in Tito, c. 7). Je ne sais si j’ai observé ailleurs que cette beauté juive avait alors plus de cinquante ans. Le judicieux Racine s’est bien gardé de parler de son âge et de son pays.