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on y montrait de plus la chambre de pourpre, ainsi nommée de la distribution des robes d’écarlate et de pourpre qui s’y faisait chaque année par la main même de l’impératrice. La longue file des appartemens du palais était appropriée aux diverses saisons ; on y avait répandu avec profusion le marbre et le porphyre, les tableaux, les statues et les mosaïques, l’or, l’argent et les pierres précieuses. Dans sa bizarre magnificence, Théophile exerça l’habileté des artistes, tels qu’on les avait de son temps ; mais le goût d’Athènes aurait méprisé leurs frivoles et dispendieux travaux, au nombre desquels se trouvait un arbre d’or, dont les branches et les feuilles cachaient une multitude d’oiseaux artificiels, du gosier desquels sortait le ramage particulier à chacune des espèces, et deux lions d’or massif et de grandeur naturelle, qui tournaient les yeux et rugissaient comme les lions des forêts. Les successeurs de Théophile, des dynasties de Basile et de Comnène, eurent aussi l’ambition de laisser après eux des monumens de leur règne, et la partie du palais la plus éclatante et la plus auguste reçut d’eux le titre de Triclinium d’or[1]. [Ameublement et officiers du palais.]Les plus nobles et les plus riches d’entre les Grecs cherchaient,

  1. In aureo triclinio quæ præstantior est pars potentissimus (l’usurpateur Romanus) degens cæteras partes (filiis) distribuerat (Luitprand, Hist., l. V, c. 9, p. 469). Voyez sur la signification très-vague de triclinium (ædificium tria vel plura κλινη scilicet ςεγη ; complectens), Ducange (Gloss. græc. et Observations sur Joinville, p. 240), et Reiske (ad Constantinum de Ceremoniis, p. 7).