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l’impôt sur la soie écrue[1]. Les climats du nord sont moins propres à l’éducation des vers à soie ; mais les soies de la Chine et de l’Italie alimentent les fabriques de la France et de l’Angleterre[2].

Revenu de l’empire grec.

Je dois surtout me plaindre ici de ce que le vague et l’insuffisance des mémoires du temps ne me permettent pas de donner une évaluation exacte des impôts, des revenus et des ressources de l’empire grec. De toutes les provinces de l’Europe et de l’Asie, l’or et l’argent venaient par un cours abondant et régulier se rendre dans le trésor impérial. Les pertes de l’empire, en dépouillant le tronc de quelques-unes de ses branches, augmentèrent la grandeur relative de Constantinople, et les maximes du despotisme réduisirent l’état à la capitale, la capitale au palais, et le palais à la personne du prince. Un voyageur juif qui parcourut l’Orient au douzième siècle, se perd dans son admiration des richesses de Byzance. « C’est là, dit Benjamin de Tudèle, dans cette reine des cités, que sont déposées chaque année les contributions des sujets de l’empire ; ses hautes tours sont remplies de soie, de pourpre et

  1. Voy. l’extrait des statuts manuscrits de Modène, cités par Muratori dans les Antiquités d’Italie (t. II, Dissert. 30, p. 46-48).
  2. Les fabriques d’étoffes de soie ont été établies en Angleterre l’an 1620 (Anderson, Chronological Deduction, vol. II, page 4). Mais c’est à la révocation de l’édit de Nantes que la Grande-Bretagne doit la colonie de Spitalfields.