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pouvoir à la dynastie des Aglabites. [Les Aglabites. A. D. 800-941.]Par indolence ou par politique, les califes dissimulèrent cet outrage et cette perte, [Les Édrisites. A. D. 829-907.]et ils se bornèrent à employer le poison contre le chef de la maison des Édrisites[1] qui fonda le royaume et la ville de Fez sur les rives de la mer occidentale[2]. [Les Tahérites. A. D. 813-872.]En Orient, la première dynastie fut celle des Tahérites[3], descendans du brave Taher, qui dans les guerres civiles des fils de Haroun, avait servi avec trop de zèle et de succès la cause d’Almamon, le plus jeune de tous. On l’envoya dans un honorable exil commander sur les rives

  1. Les Aglabites et les Édrisites font le sujet principal de l’ouvrage de M. de Cardonne (Hist. de l’Afrique et de l’Espagne sous la domination des Arabes, t. II, p. 1-63).
  2. Afin qu’on ne m’accuse pas de commettre des erreurs, je dois relever les inexactitudes de M. de Guignes (t. I, p. 359) sur les Édrisites. 1o. Ce ne put être en l’an de l’hégyre 173 que s’établirent la dynastie et la ville de Fez, puisque l’une et l’autre ont été fondées par un fils posthume d’un descendant d’Ali, qui s’enfuit de la Mecque l’an 168 ; 2o. ce fondateur, Édris, fils d’Édris, au lieu d’avoir prolongé sa carrière jusqu’à l’âge de cent vingt ans, ou jusqu’à l’année 313 de l’hégyre, ainsi qu’on le dit contre toute vraisemblance, mourut (A. H. 214) à la fleur de son âge ; 3o. la dynastie a fini l’an de l’hégyre 307, vingt-trois ans plus tôt que ne le dit l’historien des Huns. (Voyez les exactes Annales d’Abulféda, p. 158, 159, 185, 238.)
  3. L’histoire originale et la version latine de Mirchond, traitent de la dynastie des Tahérites et des Soffarides, ainsi que de l’établissement de celle des Samanides ; mais l’infatigable d’Herbelot y avait déjà puisé les faits les plus intéressans.