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vingt-huit parties le zodiaque de la lune et à bénir les constellations qui amenaient des pluies bienfaisantes au désert altéré. L’empire de ces corps radieux ne pouvait s’étendre au-delà de la sphère visible ; et les Arabes admettaient sans doute quelques puissances spirituelles, nécessaires pour présider à la transmigration des âmes et à la résurrection des corps : on laissait mourir un chameau sur la tombe d’un Arabe, afin qu’il pût servir son maître dans l’autre vie ; et puisqu’ils invoquaient les âmes après la mort, ils leur supposaient du sentiment et du pouvoir. Je ne connais point et suis peu curieux de connaître l’aveugle mythologie de ces Barbares, les divinités locales qu’ils plaçaient dans les étoiles, dans l’air ou sur la terre, les sexes et les titres de ces dieux, leurs attributs ou leur hiérarchie. Chaque tribu, chaque famille, chaque guerrier indépendant, créait et changeait à son gré les rites et l’objet de son culte ; mais dans tous les siècles la nation a adopté, à quelques égards, la religion ainsi que l’idiome de la Mecque. [La Caaba, ou le temple de la Mecque.]L’antiquité de la CAABA remonte au-delà de l’ère chrétienne. L’historien grec Diodore[1]

  1. Ιερον αγιωτατον ιδρυται τιμωμενον υϖο παντων Αραβων περιττοτερον (Diodore de Sicile, t. I, l. III, p. 211) ; le genre et la situation se rapportent si bien, que je suis étonné qu’on ait lu ce passage curieux sans le remarquer et sans en suivre l’application. Toutefois Agatharcides (De mari Rubro, p. 58, in Hudson, t. I), que Diodore copie dans le reste de sa description, n’a pas fait mention de ce temple fameux. Le Sicilien en savait-il plus que l’Égyptien ? ou la