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devint moins redoutable lorsque leur jeunesse passa des camps dans les colléges, lorsque les armées des fidèles osèrent se permettre de lire et de réfléchir. Cependant la puérile vanité des Grecs s’alarma de ces études, et ce ne fut qu’avec répugnance qu’ils communiquèrent le feu sacré aux Barbares de l’Orient[1].

Guerres de Haroun-al-Rashid contre les Romains. A. D. 781-805.

Durant la sanglante lutte des Ommiades et des Abbassides, les Grecs avaient saisi une occasion de venger leurs injures et d’étendre leurs limites. Mais ils payèrent chèrement cette satisfaction sous Mohadi, troisième calife de la dynastie, qui profita à son tour des avantages que lui offrait la faiblesse de la cour de Byzance, gouvernée par une femme et un enfant, Irène et Constantin. Une armée de quatre-vingt-quinze mille Persans et Arabes arriva des rives du Tigre au Bosphore de Thrace, sous les ordres de Haroun[2] ou Aaron, second fils du calife ; et l’im-

  1. Θεοφιλος ατοπον κρινας ει την των οντων γνωσιν, δι ην το Ρεμαιων γενος Θαυμαζεται εκδοτον ποιησει ποις εθνεςι, etc. Cedrenus (p. 548) expose les vils motifs d’un empereur qui refusa noblement un mathématicien aux instances et aux offres du calife Almamon. Ce sot scrupule est rapporté presque dans les mêmes termes par le continuateur de Théophane (Scriptores post Theophanem, p. 118).
  2. Voyez le règne et le caractère de Haroun-al-Rashid dans la Bibliothéque orientale, p. 431-433, à l’article de ce calife, et dans les différens articles auxquels renvoie d’Herbelot : ce savant compilateur a choisi avec beaucoup de goût, dans les Chroniques d’Orient, les anecdotes instructives et amusantes.