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guerres continuelles avec l’Orient, elle se montra disposée à maintenir la paix et des liaisons d’amitié avec les princes chrétiens de Constantinople et de France. [Triple division du califat.]L’exemple des Ommiades fut suivi par les descendans vrais ou supposés d’Ali, les Édrissites de Mauritanie et les Fatimites de l’Égypte et de l’Afrique, les plus puissans de tous. Au dixième siècle, trois califes ou commandeurs des fidèles qui régnaient à Bagdad, à Cairoan et à Cordoue, se disputaient le trône de Mahomet ; ils s’excommuniaient les uns les autres, et n’étaient d’accord que sur ce principe de discorde, qu’un sectaire est plus odieux et plus coupable qu’un infidèle[1].

Magnificience des califes. A. D. 750-960.

La Mecque était le patrimoine de la ligne de Hashem ; mais les Abbassides ne songèrent jamais à habiter la ville du prophète. Ils prirent en aversion Damas, qui avait été la résidence des Ommiades souillée par leur sang ; et Almansor, frère et successeur de Saffah, jeta les fondemens de Bagdad[2],

  1. Je ne réfuterai pas les erreurs bizarres et les chimères de sir William Temple (ses Œuvres, vol. III, p. 371-374, édit. in-8o) et de Voltaire (Hist. générale, c. 28, tom. II, p. 124, 125, édit. de Lausanne) sur la division de l’empire des Sarrasins. Les erreurs de Voltaire viennent d’un défaut de connaissances et de réflexion ; mais sir William fut trompé par un imposteur espagnol qui a fabriqué une histoire apocryphe de la conquête de l’Espagne par les Arabes.
  2. Le géographe d’Anville (l’Euphrate et le Tigre, p. 121-123) et d’Herbelot (Bibl. orient., p. 167, 168) suffisent pour faire connaître Bagdad. Nos voyageurs, Pietro della Valle (t. I, p. 688-698), Tavernier (t. I, p. 230-238),