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Soumission des cophtes ou des jacobites. A. D. 638.

Après un triomphe si glorieux, les Arabes toutefois se seraient vus contraints de regagner le désert, s’ils n’avaient trouvé un allié puissant au centre de l’Égypte. La superstition et la révolte des naturels du pays y avaient facilité les conquêtes d’Alexandre ; ils abhorraient ces Perses, leurs tyrans, disciples des mages, qui avaient brûlé les temples de l’Égypte et rassasié leur faim sacrilége avec la chair du dieu Apis[1]. Une cause pareille produisit, dix siècles après, une révolution semblable, et les chrétiens cophtes se montrèrent également ardens à soutenir un dogme incompréhensible. J’ai déjà expliqué l’origine et les progrès de la controverse des monophysites, ainsi que la persécution des empereurs, qui fit d’une

    nue, et on l’a souvent décrite. Deux écrivains qui connaissaient parfaitement l’ancienne Égypte et l’Égypte moderne, ont, après de savantes recherches, fixé l’emplacement de Memphis à Gizeh en face du vieux Caire (Sicard, nouveaux Mémoires des Missions du Levant, t VI, p. 5, 6 ; Observat. et Voyages de Shaw, p. 296-304). Cependant, nous devons des égards à l’autorité et aux argumens de Pococke (vol. I, p. 25-41), de Niebuhr (Voyage, t. I, p. 77-106), et particulièrement de d’Anville (Description de l’Égypte, p. 111, 112, 130-149) qui placent Memphis auprès du village de Mohannah, quelques milles plus bas au sud. Ces écrivains ont oublié, dans la chaleur de la dispute, que le vaste terrain d’une métropole couvre et anéantit la plus grande partie de l’espace qui fait le sujet de cette discussion.

  1. Voyez Hérodote, l. III, c. 27, 28, 29 ; Ælien, Hist. Var., l. IV, c. 8 ; Suidas, in Ωχος, t. II, p. 774 ; Diodore de Sicile, t. II, l. XVII, p. 197, édit. de Wesseling. Των Περσων ησεβηκοτων εις τα ιερα, dit le dernier de ces historiens.