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terrain qu’avait autrefois occupé le temple de Salomon ; et durant les dix journées qu’il passa à Jérusalem, il régla pour le moment et pour l’avenir ce qui avait rapport à l’administration de la Syrie. Médine pouvait craindre que le calife ne fût retenu par la sainteté de Jérusalem ou la beauté de Damas ; il dissipa bientôt ses inquiétudes en retournant de lui-même auprès du tombeau de l’apôtre,[1]

Conquête d’Alep et d’Antioche. A. D. 638.

Le calife forma deux corps d’armée pour achever la conquête du reste de la Syrie ; un détachement choisi fut laissé dans le camp de la Palestine sous les ordres d’Amrou et d’Yezid, tandis qu’Abu-Obeidah et Caled, à la tête de la division la plus considérable, marchaient de nouveau vers le nord pour s’emparer d’Antioche et d’Alep ; cette dernière ville, la Bérée des Grecs, n’avait pas encore la célébrité d’une capitale ; la soumission volontaire des habitans et leur pauvreté leur valurent l’avantage de racheter à des conditions modérées leur vie et la liberté de leur religion. Le château d’Alep[2], séparé de la place,

  1. Ockley a trouvé dans les manuscrits de Pococke, conservés à Oxford (vol. I, p. 257), une des nombreuses tarikhs arabes ou chroniques de Jérusalem (d’Herbelot, p. 867), dont il s’est servi pour suppléer à la narration défectueuse de Al-Wakidi.
  2. L’histoire persane de Timur (t. III, l. V, c. 21, p. 300) décrit le château d’Alep comme une forteresse établie sur un rocher de cent coudées de hauteur, preuve, dit le traducteur français, que l’auteur ne l’avait pas vu. Il est maintenant au milieu de la ville ; il n’a point de forces, il n’offre