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Conquête de la Transoxiane. A. D. 712.

Après la destruction du royaume de Perse, l’empire des sarrasins ne fut plus séparé de celui des Turcs que par la rivière d’Oxus. La valeur des Arabes franchit bientôt cette étroite limite : les gouverneurs du Khorasan étendirent peu à peu leurs incursions, et l’une de leurs victoires leur valut la conquête d’une bottine que laissa tomber une reine des Turcs, au moment où elle s’enfuyait à pas précipités au-delà des collines de Bochara[1] ; mais la conquête définitive de la Transoxiane[2], aussi-bien que celle de

    fut suivi d’une nombreuse postérité. La fille de Firuz épousa le calife Walid, et Yezid, leur fils, faisait remonter son origine, ou véritable ou fabuleuse, aux Chosroès de la Perse, aux Césars de Rome et aux Chagans des Turcs ou des Avares (d’Herbelot, Bibl. orient., p. 96-487).

  1. Cette bottine, évaluée deux mille pièces d’or, fut prise par Obeidollah, fils de Ziyad, qui rendit ensuite son nom odieux par le meurtre de Hosein (Ockley, History of the Saracens, vol. II, p. 142, 143). Salem, son frère, avait avec lui son épouse ; c’est la première femme arabe qui ait passé l’Oxus (A. D. 680) ; elle emprunta ou plutôt elle vola la couronne et les pierreries de la reine des Sogdiens (p. 231-232).
  2. M. Greaves a traduit une partie de la géographie d’Abulféda ; il l’a insérée dans la collection des geographi minores d’Hudson (t. III), sous le titre de Descriptio Chorasmiæ et MAWARALNAHRÆ, id est, regionum extra fluvium Oxum, p. 80. Petis de La Croix (Hist. de Gengis-kan, etc.) et quelques-uns des auteurs modernes qui ont écrit sur les contrées de l’Orient, emploient avec raison le mot de Transoxiana, qui est plus agréable à l’oreille, et qui signifie la même chose ; mais ils se trompent en l’attribuant aux écrivains de l’antiquité.